Lectures
Posté le 16.05.2007 par romainb
Piaget, J. (1980). Les formes élémentaires de la dialectique. Paris: Gallimard.
La dialectique selon Piaget =
"Deux systèmes jusque là distincts et séparés mais non opposés l'un à l'autre fusionnent en une totalité nouvelle dont les propriétés les dépassent et parfois même de beaucoup" (p.213)
Piaget distingue deux phases : phase dialectique puis phase discursive.
La phase dialogique est la construction de structures :
- 1 - d'interdépendance entre des structures A et B jusque là étrangères ou opposées, vers une totalité T qui dépasse et rassemble ces sous-systèmes
- 2 - interdépendance entre des parties d'un même objet
- 3 - dépassement d'une nouvelle totalité T2 qui fait de T1 un sous-système
- 4 - circularité des interdépendances
- 5 relativisation (mise en relation) d'évènments/systèmes.
Du coup je me pose la question du lien avec :
- les différentes formes d'abstractions selon Piaget ?
- la prise de conscience selon Piaget ?
- la généralisation selon Piaget ?
- les phénomènes de contraste et de rapprochement de la psychologie sociale ?
- l'attribution causale en psychologie sociale ?
- l'analogie en psychologie cognitive et sociale ?
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Posté le 16.05.2007 par romainb
Pour tenter de répondre à ces questions je suppose que la dialectique apparait comme une forme générale de l'intelligence (voire peut-être un fondement essentiel pour LA définition de l'intelligence à savoir la mise en relation d'éléments de pensée) qui pose la question du lien entre deux entités/structures/contenus/symboles...
[ S1 - ? - S2 ]
L'analogie consiste à transférer des éléments entrant dans la définition d'un objet connu préalablement vers un objet nouveau en cours de re-définition... Il s'agit donc d'un mode de mise en relation, à rapprocher d'autres opérations mentales.
[ S1a + S1b + S1c... -> S2a + S2b + S3c... ]
Les différents niveaux d'abstraction selon Piaget définissent des états successifs et ordonnés d'organisations des structures mentales (grâce aux procédés dialectiques et opératoires, je dirai...). C'est à dire ce que l'intelligence devient (en tant que connaissance) grâce aux mécanismes de l'intelligence.
1 = [S1 -> S2 ]
2 = [S1 -> S2] et [S1" -> S2]
3 = [S1 - S1"]
............|......
...........S2......
(Ex : enfin pour exemple, je choisirais ce travail effectué aujourd'hui qui visait à comprendre la dialectique selon Piaget avec les notions de prise de conscience, d'abstraction, d'opération, de structures... Au début la dialectique me semblait référer grosso modo à la même chose que ces concepts. Leur mise en relation permet de construire un état de connaissance plus précis et intégré de la théorie piagétienne... je crois !)
Quelques références :
- Piaget, J. (1974). La Prise de Conscience. Paris: PUF.
- Piaget, J. (1974). L'épistémologie génétique. Paris: PUF.
- Dolle, J.-M. (1974). Pour comprendre Jean Piaget, Toulouse : Privat.
Posté le 21.02.2007 par romainb
Lecture de :
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Matusov, E. (1998). When solo activity is not privileged: The participation and internalization models of development. Human Development, 41, 326-349.
http://ematusov.soe.udel.edu/vita/publications.htm
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John-Steiner, V., & Panofsky, C. P. (1985). Processus sociogénétique de la communication verbale. Bronckart, J. P et al. Vygotsky aujourd’hui. (pp.203-219). Neuchâtel-Paris : Delachaux et Niestlé.
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Piaget, J. (1985) Commentaires sur les remarques critiques de Vygotsky. In : Bronckart, J. P et al. Vygotsky aujourd’hui. (pp.120-137). Neuchâtel-Paris : Delachaux et Niestlé.
Piaget revient sur les éléments communs et les différences des deux théories.
Pour Piaget, il existerait une loi de décentration qui agit sur l’égocentrisme cognitif initial (au niveau de la science comme de l’enfant) :
« J’ai forge le terme d’ « égocentrisme cognitif » (c’est certainement un mauvais choix) pour exprimer l’idée que le progrès de la connaissance ne procède jamais par simple addition d’items ou de niveaux supplémentaires, comme si une connaissance plus riche était seulement un complément de la précédente plus maigre : le progrès requiert aussi une perpétuelle reformulation des points de vue antérieurs par un processus allant d’avant en arrière, corrigeant continuellement à la fois les erreurs systématiques initiales et celles qui se trouvent le long du chemin. Ce processus correctif semble obéir à une loi de développement bien définie, la loi de décentration. » (p.123).
Piaget différencie un égocentrisme cognitif et un égocentrisme social (cf. langage égocentrique). L’égocentrisme cognitif provient d’un manque de différenciation entre son propre point de vue et les autres possibles (et non d’un individualisme), incapacité initiale à se décentrer, à modifier la perspective donnée (manque de décentration)
Pour Piaget, la décentration est une capacité cognitive à modifier une perspective mentale qui agit au niveau cognitif et social.
Concernant le lien entre conscience et décentration, Piaget synthétise leurs visions opposées et propose : l’égocentrisme permet une conscience limitée aux résultats du comportement, et la décentration permet de rendre conscient les moyens, comportements, actions, opérations…
Piaget conçoit de manière constructiviste, voire constructionniste, que le développement permet l’apprentissage, contrairement à Vygotsky. Il admet alors en synthèse que apprentissage et développement pourraient se favoriser l’un l’autre mais qu’ils pourraient aussi bien se limiter. Sociogenèse et psychogenèse entretiendraient des liens étroits, aux multiples possibilités.
Pourtant Piaget donne son point de vue final, et sans concession :
« Toute pensée logique est socialisée parce qu’elle implique la possibilité d’une communication entre individus. Mais de tels échanges interpersonnels procèdent à partir de correspondances, réunions, intersections, et réciprocités, c’est-à-dire, à travers les opérations. Il y a ainsi identité entre les opérations intraindividuelles et inter-individuelles qui constituent la co-opération au sens propre et quasi étymologique du mot. Les actions, qu’elles soient individuelles ou interpersonnelles, sont par essence co-ordonnées et organisées par les structures opératoires qui se construisent spontanément dans le cours du développement mental ». (p.137)
Alire :
- Un chapitre de Stetsenko et Vianna comparant Piaget et Vygotski
http://web.gc.cuny.edu/Psychology/developmental/Anna/Vianna&Stetsenko.pdf
Posté le 09.02.2007 par romainb
- Gauducheau, N., Cuisinier, F. (2003). Les états mentaux d’autrui lorsqu’il interagit. Enfance, 4/2004, 333-356.
Résumé - Cette recherche étudie les compétences inférentielles des enfants concernant les états mentaux d’un pair évoluant dans une situation de corésolution d’un problème. Elle vise à mieux comprendre les processus psychologiques qui sous-tendent les interactions sociocognitives ; 49 enfants âgés de 10 ans sont invités à observer de courtes séquences vidéo d’une interaction sociocognitive entre deux enfants. Ils doivent ensuite produire des inférences par l’intermédiaire de questions concernant les états mentaux d’un des enfants filmés et certains aspects de l’interaction. Une partie des participants regardent les différentes séquences avec le son et l’autre partie regardent les mêmes séquences privées du son (muettes). Les résultats montrent que les enfants produisent des inférences pertinentes. Elles diffèrent selon le type de séquence observée. Les comportements non verbaux constituent des indices importants pour produire ces inférences.
Mots-clés - Interactions sociocognitives, Inférences, États mentaux, Expressions non verbales.