Fondements épistémologiques
Cette approche trouve ses fondements dans le socioconstructivisme, qui emprunte notamment lui-même au constructivisme et à l'interactionnisme.
Introduction
Le rôle des interactions humaines est fondamental dans la construction de connaissances et dans le développement cognitif. Ainsi, depuis plus de trente ans, les études de psychologie tendent à prouver que les interactions sociocognitives, sous certaines conditions néanmoins, favorisent le développement cognitif ; le travail à plusieurs bénéficie plus aux individus que le travail solitaire.
Dans la résolution de problème, cela se vérifie sur un plan vertical (interactions de tutelle entre adulte et enfant ou entre individu compétent et individu non-compétent) ou horizontal (individus de même compétences cognitif).
On parle souvent de causalité en spirale : un niveau donné de développement permet la participation à certaines interactions sociales qui produisent un nouvel état individuel qui permet de participer à des interactions sociales plus sophistiquées... etc
Différents courants
On distingue classiquement :
- une approche structuraliste, néopiagétienne (l’Ecole de Genève) qui reprend les notions piagétiennes de centration et de conflit (quels changements cognitifs sont favorisés par la corésolution de problème ?)
- une approche procédurale, co-élaborative (quelles sont les procédures de corésolution de problème ?)
De plus en plus, on s'intéresse de toute façon aux mécanismes communicationnels...
Différentes conditions pour un bénéfice cognitif
[...]
Différents types d'interactions
Pour spécifier les types d'interactions et les situations de travail on parlera donc de : co-construction, co-élaboration, co-élaboation acquiesçante, conflit sociocognitif, confrontation avec désaccord argumenté/non-argumenté, collaboration, coopération, compétition, imitation...
Ainsi la grille de Gilly, Fraisse et Roux (Gilly, M., Fraisse, J., Roux, J.-P. (2001). Résolution de problèmes en dyades et progrès cognitif chez les enfants de 11 à 13 ans : dynamiques interactives et mécanismes sociocognitifs. In A.-N. Perret-Clermon, M. Nicolet (éds.),
Interagir et connaître. Enjeux et régulations sociales dans le développement cognitif (pp. 79-101). Paris : L’Harmattan.) =
* 1. la co-élaboration acquiesçante : un des deux sujets (A) élabore seul une solution et la propose successivement à l’autre (B) qui fournit des feed-back. Les acquiescements de B ont valeur de contrôle et de renforcement positif de la solution proposée par A ;
* 2. la co-construction : il y a alternance des initiatives des partenaires ; chacun d’eux renforce l’autre ;
* 3. la confrontation et le désaccord : un sujet (A) proposant quelque chose se voit contredit par l’autre (B), qui le refuse sans argumenter ou proposer autre chose ;
* 4. la confrontation contradictoire : il s’agit d’un cas similaire au précédent à la différence que B argumente son désaccord et propose une autre solution.
(Description de M. Baker)
Trois générations de recherches
- étude des effets de la collaboration = prouver le bénéfice cognitif grace à l'interaction collaborative
- déterminer les conditions de ce bénéfice et des causalités conditions-effets
- abandon de ce projet de causalité et orientation vers une compréhension de leurs rôles/fonctions et de leurs relations (par ex. afin de proposer des modélisations).
Différentes pistes de recherche
- le conflit sociocognitif, la comparaison et confrontation de points de vue (Doise et Mugny, Perret-Clermont, Nicolet...)
- la signification des situations, les contrats et métacontrats communicationnels (Schubauer-Leoni..)
- l'attribution et inférence d'états mentaux (croyances, émotions, désirs, représentations...) dans la théorie des états mentaux (Gauducheau et Cuisiner...)
- les capacités et compétences communicationnelles, verbales, non verbales, adaptation sociale...
- ...
http://tecfa.unige.ch/tecfa/publicat/dil-papers-2/Dil.7.1.10.pdf
http://www.univ-lr.fr/foad/arborescence/Ressources/LinkedDocuments/collaboratif.pdf